Sagesse de Ségou

Sagesse de Ségou

📍 Bamako, Mali

Prix sur demande

🔴 Biographie de Mabendy Guissé ➡️ Ouvrez la JeliCard en bas de page ➡️Ou cliquez sur le lien https://jeli-qr.com/product?id=13425baa-9fbc-4521-ac0f-fee565dfd06c 🇲🇱 SAGESSE BAMBARA DE SÉGOU 280 proverbes et réflexions populaires soudanais Mabendy Guissé 📆Publication : octobre 1959 Dans Notes Africaines, le bulletin d’information et de correspondance de l’Institut Français d’Afrique Noire. ▪️Je dédie aux amateurs des choses de ce pays (le Soudan français) ce recueil de proverbes et expressions africains couramment utilisés parmi nous (évocation de notre âme d’autrefois). ▪️Avant l’ère française, les autochtones non musulmans ne bénéficiaient pas de l’enseignement coranique, le seul alors en usage. Donc, ils étaient privés de tout savoir. ▪️Mais, déjà, le Bambara était réputé pour son large bon sens. Sa sagesse s’exprime en paraboles et réflexions d’une justesse incontestable. J’ai entendu un peu partout ce que je rapporte ici, mais principalement à Zinzana (cercle de Ségou) dont j’ai fondé l’école (1936-39). ▪️Tous les dialectes soudanais ont, eux aussi, leur répertoire en ce genre, mais, nos dires ne se transmettant qu’oralement, chacun peut exprimer dans son idiome ce qu’il aura entendu ailleurs. De sorte que les mêmes propos se retrouvent plus ou moins modifiés dans les différentes régions du pays. ▪️En somme, cet écrit est un bréviaire de la morale locale (*). Puisse ce modeste travail contribuer à revivifier les dires séculaires de nos anciens. G. M. 🟢L’auteur donne d’abord la traduction française littérale, puis son interprétation personnelle de chaque dicton. Son recueil se compose de quatre parties : I. Sur les hommes ……………. 127 citations II. Sur les animaux …………… 55 citations III. Sur les plantes ……………. 15 citations IV. Sur les choses …………….. 45 citations N. D. L. R. 🟩 SUR LES HOMMES 1. – Si tu vois un adulte s’emplir la bouche de farine sèche, c’est qu’il a de l’eau pour l’humecter. Une chose difficile ne s’exécute que par la sûreté des moyens envisagés. 2. – Si tu trouves petite la part de viande, tâte voir ton crâne. Contentons-nous de ce que nous avons reçu, sans gourmandise. 3. – On peut connaître une chose et en ignorer plusieurs autres. Nul ne peut se flatter de tout savoir, de tout connaître. 4. – Quand le feu allume la barbe et celle de ton père, tu éteins d’abord la tienne. Dans les moments difficiles chacun songe d’abord à son propre salut. 5. – Avoir une bonne langue, ne veut pas dire avoir une bonne chance. Méfions-nous de beaux discours qui n’ont aucun rapport avec la chance. 6. – Qui a envie de manger de la viande n’est pas écouté là où elle est dépecée. Celui qui est intéressé dans une affaire est suspect, et n’est pas écouté par conséquent. 7. – Si tu aperçois un charognard sur un cadavre humain, dis-lui : « Ote-toi de mon cadavre ». Quand tu vois une injustice faite à autrui, proteste, car elle pourrait t’atteindre. 8. – Tout est or chez l’enfant, sauf sa tête qui est faite de cuivre. L’enfant, bien que d’une valeur inestimable, est toujours une source d’actes irraisonnés, issus de son ignorance. 9. – L’enfant est doux, sinon par sa chair. La joie et l’espoir ne sont agréables chez l’enfant que quant à ses bons services futurs. 10. – Appeler constamment Dieu ne signifie pas qu’on le craint. Qui parle toujours de Dieu n’est pas souvent son meilleur serviteur. 11. – Le danseur, dansant, fait bien attention à son genou. On peut se divertir sans négliger cependant ses intérêts, ou les affaires sérieuses. 12. – Tout vieux héros finit par décortiquer l’arachide de sa femme. L’âge, sans exception, affaiblit nos forces, et nous ramène à la simplicité enfantine. 13. – Un captif ne vaut toujours que neuf, il ne se complète jamais (à dix). Il est difficile à un sujet de se débarrasser de son complexe d’infériorité, de se comporter noblement. 14. – Qui est bien campé là-haut peut y abattre une haute branche. Les gens bien placés sont seuls capables de vaincre les grandes difficultés. 15. – Qui est monté sur l’éléphant n’est pas battu par la rosée. Quand on est protégé par un puissant, on est à l’abri de l’agression, de la crainte, des soucis. 16. – Connaître le cheval ou l’arbre vaut moins que se connaître. Le meilleur moyen de se protéger ou de se comporter dans la vie est de connaître ce que l’on vaut. 17. – On peut raser une tête et non une chance. Quoi qu’il arrive, la bonne destinée est fatale. 18. – Qui entreprend de courir le monde au galop de cheval finira par le faire au pas de caméléon. La précipitation n’obtient rien de bon. Seule la patience arrive à bout de tout : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». 19. – Quand tu fais de l’enfant une hache, c’est ta jambe qu’il coupera d’abord. Si tu apprends le mal à l’enfant, il commencera par toi-même. 20. – Se manger les mères réciproquement, est la loi primordiale chez les sorciers. Toute société franche ou secrète ne peut être basée ou ne durer que sur l’équité. 21. – Qui se dit beau la nuit sera vu quand il fera jour. Le vantard est jugé à l’épreuve le moment venu ; 22. – Quand ton sac devient plus gros que celui du guide qui t’a fait connaître la brousse, à la longue il se déchirera. Qui veut être plus gourmand que son maître, reviendra, tôt ou tard, à sa pauvreté primitive. 23. – Ce que le vieux voit assis, le jeune ne le voit pas debout. Par expérience, les vieux, dans les affaires, voient plus loin et plus clair que les jeunes. 24. – Quand tu montres quelqu’un du doigt, dirige les quatre autres vers toi. Ne voyons pas seulement les défauts de nos semblables, mais bien aussi les nôtres. 25. – Le vieux est un fétiche, si tu le heurtes, tu le blesses ; s’il te heurte , il te blesse. Qui viole le respect dû aux vieux, est sûr d’en récolter les conséquences. 26. – Qui commande à cent personnes, doit couper cent bâtons différents. Chacun de nous n’est conduit que par son caractère, ses sentiments, ses capacités. 27. - On peut retirer sa main de celle du lépreux sans le lui dire avec mépris. On peut se détourner de quelqu’un sans le lui signifier ouvertement, dédaigneusement. 28. – La femme est un serpent, dès qu’elle sort la tête, rentre-la. Méfions-nous de la liberté accordée à une femme, souvent prête à en abuser. 29. – C’est celui qui a du lait qui peut faire la crème. Seul qui dispose de moyens puissants peut agir efficacement à tout moment. 30. – La grande barbe et le long chapelet ne font pas le marabout. Les apparences religieuses ne traduisent pas toujours la sincérité. 31. - La belle femme est celle qui a un enfant au dos. La vraie beauté féminine est dans la possession d’un enfant ; 32. – La meilleure femme est celle qui nous aime. Elle se dévoue et se sacrifie, quand il le faut pour nous. 33. - « J’aime Dieu » n’est pas à le lui chanter couché sur le dos. Le vrai serviteur de Dieu n’est pas qui le dit, ou le feint, mais celui qui fait du bien à cause de lui ; 34. – Personne n’est une semence sur la terre. Nous sommes tous mortels et notre héritage, bon ou mauvais ne se sème pas après nous. 35. – Lorsque ton compagnon de sommeil te donne un coup de pied, venge-toi, sinon il dira que ta jambe est courte. Soyons impitoyables avec ceux qui le sont pour nous. 36. – Si tu laisses entière liberté à ta fille, elle se mariera avec un danseur. La jeunesse doit être guidée et non livrée à elle-même, car elle méconnaît son intérêt. 37. – Le noble n’avale plus ce qu’il a vomi. L’honneur recommande de ne plus revenir sur la parole donnée. 38. – Toute mère est un fleuve (au figuré). Quoi qu’il arrive, chaque mère est constamment à la disposition généreuse de ses enfants. 39. – Si les hommes étaient des semences, beaucoup seraient du résidu. Les hommes de valeur sont rares, on ne les découvre qu’après de dures épreuves. 40. – Lorsqu’un chef te tend une natte, assieds-toi seulement sur un petit bout. Méfions-nous de la sollicitude d’un supérieur, elle pourrait nous décevoir. 41. – Quand le mort se cache à celui que doit le laver, il partira malpropre dans l’autre monde. Nous devons avoir confiance en toute personne qui détient notre sort. 42. – Le vieux est une aiguille qui coud les gens, la vieille est un canif qui les déchire (les divise). Les vieux, sont par leurs conseils, des : liens de paix entre les gens, tandis que les vieilles femmes brouillent pour les diviser. 43. – Quand tu ignores le nom d’un chef de famille, appelle-le homonyme. Ce sont les personnes de même condition qui se comprennent dans leurs besoins et leurs peines. 44. – Dans ton mariage, une autre union conjugale te regarde. Le comportement de notre ménage est observé et jugé par d’autres familles. 45. - Tout champ a un autre observateur que son propriétaire. Nos actes bons ou mauvais, sont vus et commentés par nos semblables. 46. – Le gain de l’homme est dans la plante des pieds, celui de la femme est sur ses fesses. L’homme doit marcher pour gagner sa vie, tandis que la femme ne la gagne qu’en restant sage au foyer. 47. – Si tu joues le puits du mal, creuse-le profond et vaste. Quand nous voulons avoir les hommes par le mal, nous sommes certains d’en réunir beaucoup. 48. – Qui oublie son début sera embarrassé par sa fin. Le parvenu par excès, crée l’angoisse de sa propre chute. 49. – S’il faut absolument se noyer, il faut le faire dans l’endroit le plus profond du cours d’eau. Quand il faut, bien ou mal, agir, faisons-le pleinement, afin d’être entièrement satisfaits. 50. – Le pauvre n’est né que pour tenir les pattes du monde à ses dépeceurs. Le pauvre ne connaît ici-bas, que peines et fatigues. 51. - Tu reprends ta langue quand tu la prêtes à quelqu’un qui ne sait pas la tenir. Quand on a eu confiance en quelqu’un qui ne la mérite pas, on la lui retire. 52. – On ne consent à entrer dans l’enfer que pour ne plus avoir froid. Qui fait du bien ou du mal n’agit que par intérêt. 53. – L’enfant d’autrui ne devient jamais le nôtre (sens propre et figuré) Qui a un enfant adoptif en ressentira tôt ou tard quelque regret, dans certaines circonstances de la vie. 54. - Quand on mange avec les deux mains, on se rassasie vite, mais la faim reviendra certainement bientôt. A vouloir s’enrichir trop vite, on s’appauvrit souvent. 55. – Quelle que soit la peur, on est obligé de laisser toujours ses deux fesses derrière soi. La peur, si grande soit-elle, ne peut empêcher ce qui est, ou sera. 56. – Le Dioula ne raconte jamais ses mauvais voyages. Le vantard ne parle jamais de ses échecs, de ses déboires. 57. – Quand Dieu te donne, il ne te demande pas les noms de tes père et mère. Sans distinction ni choix, Dieu comble de ses bienfaits qui il veut. 58. - Quand on prend une grosse tartine, on la dirige d’abord à sa bouche. Nous nous occupons avant tout de nos propres intérêts. 59. – On peut se rassasier de viande sans toucher l’os. On peut, en bien des occasions, se satisfaire sans user de violence. 60. – On ne doit montrer l’or qu’à celui qui le connaît et sait l’apprécier. Une chose de valeur ne doit être confiée qu’aux mains d’un connaisseur. 61. – A défaut du sein de sa mère, on tête celui de sa grand-mère. Quand nous n’avons pas ce qui nous convient, nous nous contentons de ce qu’on nous donne. 62. – Dieu ne casse jamais une jambe sans indiquer à la victime comment elle doit marcher. Quand Dieu envoie à quelqu’un un malheur, il l’aide également à la supporter. 63. – Cours après une personne qui se donne la peine de se retourner pour te voir . Ayons la foi de suivre quiconque nous veut du bien sincèrement. 64. – On ne peut être du sel pour suffisamment saler toutes les sauces. Toute bonté, quelle qu’en soit, ne peut s’étendre qu’à une partie des hommes. 65. – Qui n’a pas été tué par dix bouches ne peut l’être par onze. S’il s’agit de faire du bien, ne comptons pas nos peines et n’en ayons point de regret. 66. – Si tu ignores le courage de la brochette de viande sur le feu, remplace-la un moment. Pour se rendre compte du courage, des peines exigées dans certains postes, il faudrait y être. 67. – On ne doit pas être une poule : manger une sale nourriture et se frotter le bec ensuite. Ayons le courage de reconnaître nos actes et nos propos quels qu’ils soient. 68. – C’est un vêtement qu’on doit donner à l’ingrat. S’il est déchiré, il pensera à qui le lui a offert. L’ingrat oublie vite le bienfait, mais le vêtement qu’il porte est un souvenir constant du donateur. 69. – La parole des vieux est de la crotte d’hyène : fraîche, elle est noire d’abord, mais après elle blanchit. Au début, les vérités ne nous plaisent jamais ; à la longue, elles ne sont révélées, mais tard pour notre profit. 70. – C’est une tête confiée en plusieurs endroits qui risque d’être cassée. Qui place sa confiance n’importe où est sûr d’être trahi. 71 Un seul bon fils vaut mieux qu’une maison remplie de fumier (mauvais fils) Le nombre d’enfants importe peu, seuls leur valeur, leur rendement comptent. 72 Si tu entends le petit Maure dire quelque chose, il l’a sorti de sous la tente Les enfants reflètent dehors ce qu’ils voient, entendent ou font à la maison. 73 Un bon ami vaut mieux qu’un mauvais parent L’ami sincère ne nous veut que du bien, et le mauvais parent nous souhaite le contraire. 74 C’est dans la confiance en la chose connue qu’on trouve sa perte Ne nous fions pas à ce qui nous est familier, il pourrait nous trahir 75 Quand ton semblable te surpasse en épouse ou en mère vertueuse, il t’a dépassé en tout Beaucoup d’hommes tiennent leur chance dans vie d’une épouse ou d’une mère vertueuse, pieuse. 76 Ne te laisse pas lécher par ce qui peut t’avaler Méfions-nous des plus forts que nous, ils ne se montrent bienveillants que par intérêt 77 Si le médisant se met entre toi et ton boubou, to l’ôteras pour le jeter La médisance nous sépare de nos meilleurs amis, parents ou connaissances. 78 « Laisse ma main, pour que je te donne » n’est pas de la générosité sincère, voulue Nous devons faire du bien avant que nous y soyons contraints. 79 L’adoration est recommandée, mais ne jamais quitter la mosquée ne s’explique pas (c’est sans doute la crainte des créanciers qui attendent à la porte). Chez tout pratiquant, l’exagération est mauvaise, elle compromet, car Dieu n’est pas si exigeant. 80 Quelle que soit ta race, sois de bonne qualité. En tout lieu, la bonne éducation vaut mieux qu’une noblesse mal polie. 81 Nul ne peut prétendre finir, à lui seul, toute la vie. Les hommes, de tous genres, naissent, disparaissent, et laissent le monde indifférent avec ses plaisirs, ses douceurs et ses peines. 82 Celui qui se cherche et le chercheur du monde (l’ambitieux) sont différents. Le premier aspire à la paix, le second court tous les risques au mépris de tout, entraîné par l’ambition. 83 L’aveugle ne connaît que les yeux sont bons que quand il voit Pour connaître le prix d’une chose, il faudrait la posséder, en jouir ou la perdre. 84 On ne prête pas ses yeux à son beau-parent pour regarder soi-même avec la nuque. Nous ne plaçons jamais avant le nôtre, l’intérêt d’un autre. 85 On peut dire « je n’aime pas le Blanc (l’Européen) » mais non : « je n’ai pas confiance en lui ». Sans raison, nous pouvons mépriser un brave homme, bien qu’il soit sans reproche à tous points de vue. 86 C’est celui qui nous connaît qui nous ménage le moins. Nos familiers, de par nos secrets et nos faiblesses, peuvent nous nuire à volonté. 87 Le chef n’est pas méchant, mais bien son serviteur habituel Le mal attribué au chef n’est souvent fait que par celui qui agit à sa place. 88 Le bon fils ou le bon sujet appartient à tous, les mauvais sont pour leur père et mère seulement. Les bonnes volontés sont des dons de Dieu à tous, les mauvaises n’appartiennent qu’à leurs parents 89 Quand la médisance construit la maison natale de quiconque, elle l’a démolira aussi Tôt ou tard, les avantages donnés par le mensonge seront anéantis par ce funeste élément 90 L’homme et le temps se dominent réciproquement. Quand son état physique et moral est bon, il domine le temps, dans le cas contraire, il est dominé à son tour. 91 Qui a le ventre déchiré n’a que faire d’une bonne récolte de mil Nous ne nous intéressons qu’à ce qui peut nous profiter ou nous servir 92 Nous courons pour chercher les buissons touffus, eux ne viennent jamais à nous Nous rejoignons nécessairement qui peut nous sauver, ou nous rendre service 93 On ne doit pas faire du monde un fardeau pour le porter sur la tête Celui qui veut la paix en ce monde doit rétrécir ses besoins, et bannir l’ambition 94 Celui qui ne supporte pas la fumée n’obtient pas non plus le charbon Ici-bas, on n’a rien sans peine. 95 Tant qu’on vit, on est débiteur de tout Tout est possible au cours de l’existence : gloire, décadence, etc. 96 Quand le bien d’autrui engraisse quelqu’un, il l’affamera un jour Méfions-nous des profits illicites aux lendemains dangereux, incertains et néfastes. 97 La peur n’empêche pas la mort Au danger soyons courageux car le destin, bon ou mauvais s’accomplit fatalement, malgré toutes nos précautions. 98 On ne peut faire son temps et celui d’autrui Les hommes passent, se suivent dans le temps sans jamais se répéter dans les actes et les événements 99 Dieu ne nous prête pas, mais il paye nos dettes « Le bien, le mal nous sont rendus » par les soins du très Haut 100 Chacun est pour soi, à son compte La liberté nous permet de faire ce que nous voulons, mais nous en subissons toujours les conséquences. 101 Tous les jours sont pour le voleur ; mais un jour arrive qui est au volé (le jour où l’on prend le voleur sur le fait Tout voleur risque un jour d’être pris en flagrant délit (on ne peut pas tromper le monde indéfiniment). 102 On peut dire : Je n’ai pas mon pareil parmi les enfants de mon père, mais non dans le monde entier Personne ne peut se vanter d’être supérieur à toute l’humanité. 103 Quand Dieu ferme une porte, c’est pour en ouvrir une nouvelle Evitons le désespoir, dans nos positions diverses, Dieu ne nous abandonne jamais entièrement. 104 Le chef de village en haillons n’inflige que des amendes de grands boubous Quand on désire une chose, on emploie directement les moyens qui la procurent 105 On, peut avoir sa jambe dans la gueule du caïman et continuer à pêcher le poisson Malgré les peines, les soucis même au danger, nous continuons à tenter notre chance 106 Tu sors de chez le boucher avec ce que tu y as apporté En échange de notre valeur, nous n’avons que ce que nous méritons. 107 Dire la vérité à son ami, ne doit pas rompre l’amitié Quand, sincèrement, on aime quelqu’un, on ne lui masque pas la vérité, quelle qu’elle soit. 108 Qui dit toujours la vérité se promène avec son linceul La vérité nous fait peu d’amis et beaucoup d’ennemis, au risque de notre situation, de notre vie et notre salut. 109 Le couteau trop aiguisé déchire sa gaine Trop parler nuit 110 Deux eaux chaudes ne se refroidissent pas (et ne peuvent se refroidir) Deux caractères bouillants ne peuvent s’accorder ni vivre ensemble. 111 La porte du bonheur vaut mieux que celle de notre père L’endroit où nous vivons heureux est préférable au lieu natal où nous ne le sommes guère 112 Si l’eau pouvait rendre blanc, le Bozo serait un Européen Ce n’est pas l’eau mais la richesse qui lave nos impuretés, et nous rend propres (figuré) 113 On ne demande pas au caleçon s’il sent A l’aspect d’un individu, on juge de ce qu’il est ou peut être, sans avoir à l’interroger. 114 La bonne sauce ne dure pas sur le plat Les bons sujets, les vertueux, les charitables de ce monde, les moments heureux de la vie ne durent pas assez à notre gré. 115 Le mariage n’est pas un grand boubou dont on se débarrasse facilement. Il est plus difficile de rompre un mariage que de le nouer 116 Toutes les pluies qui causent des dégâts ne s’annoncent pas toujours à l’est. Nous ne pouvons prévoir ou prévenir tous les malheurs qui nous frappent. 117 Une chose en espérance, mais sûre vaut mieux que ce dont nous jouissons On peut perdre ou épuiser ce gain, tandis que celui qui est futur est une réserve sûre. 118 La jeunesse est une maladie L’ignorance, lot de la jeunesse, est une maladie, source d’actes irraisonnés et regrettables ; 119 Mieux vaut mourir qu’essuyer une honte L’honneur vrai ne recule point devant la mort, mais il le fait devant la honte. 120 La suite inévitable du mensonge est la rupture entre les meilleurs. Ceux qui se livrent au mensonge finissent par se trahir et se séparer. 121 La terre étrangère ignore toute noblesse, mais elle connaît le bon fils. En tout pays, la bonne éducation l’emporte sur tout le reste 122 Si tu trouves le complot insignifiant, c’est qu’il a été ourdi en ta présence Il est difficile d’échapper à une entente secrètement formée contre nous, ou contre un tiers. 123 Quand tu vois le mal durer, c’est qu’il rassemble ses vengeurs. Tôt ou tard, la justice arrive, infaillible, implacable. 124 L’adulte connaît ce qui est dans la jeunesse, mais le jeune ignore ce qui est dans l’âge mûr. La jeunesse ne connaît que son milieu, elle ne peut donc prétendre juger les choses de l’âge avancé. 125 Au lieu de t’asseoir sur les yeux de celui qui donne (partage), sois plutôt sur son cœur. Même loin de nos yeux, nous n’oublierons jamais de servir ceux qui nous sont chers. 126 Quand quelque chose te vexe plus que celui qui y est intéressé, tu seras plus atteint que lui. Ne nous mêlons que de nos propres affaires. 🟩 SUR LES ANIMAUX 127 Quand le serpent sort, nous le frappons avec le bâton qu’il a trouvé en nos mains. Nous réglons les questions urgentes avec les moyens immédiats appropriés et disponibles ; 128 La confiance est finie depuis que l’eau a cuit le poisson. C’est dans la confiance en l’élément connu que l’on trouve sa perte le plus souvent. 129 C’est le serpent caché qui se développe. Nous ne pouvons prospérer que dans le secret. 130 Quoi qu’on fasse, le crapaud ne peut jamais monter (grimper). Malgré notre bon vouloir, nous ne saurions suppléer à l’insuffisance d’autrui. 131 La chèvre qui crie n’est pas celle qui a soif. Celui qui parle toujours de ses maux n’est pas souvent le plus à plaindre ; il trompe en conséquence. 132 La vache sécrète du lait bien qu’ayant du sang. A contrecœur, on peut faire du bien à quelqu’un, ou à un pauvre, bien qu’étant soimême dans le besoin. 133 La vache ne sécrète jamais de sang pour son petit. personne ne veut du mal à son enfant. 134 Le termitier ne peine que pour le porc-épic, qui toujours ravage sa construction. Nos efforts, nos biens ne profitent souvent qu’à d’autres./ 135 L’oiseau n’a pas de sein, mais il nourrit son petit. Dans sa mansuétude, Dieu pourvoit à l’existence de ses nombreuses créatures si diverses. 136 Tout petit lièvre est courageux devant le gîte de son père. Si faible qu’on soit, on a du courage en présence de son protecteur, quel qu’il soit. 137 C’est lorsque le chien est appelé qu’on peut le battre aisément. Pour bien agir sur quelqu’un, il faut le mettre à notre portée 138 Sous l’eau, il y a quelque chose de plus lourd que le caïman Au-dessus de toute force, il y en a une plus forte. 139 Si la barbe était signe d’âge, le bouc serait plus vieux que son maître. Les apparences peuvent tromper, car Dieu agit comme il veut. 140 La poule ne gratte pas du mauvais pour son poussin. Qui nous aime ne nous souhaite jamais que du bien. 141 La lièvre ressemble à l’âne, mais il n’est pas son petit. La ressemblance ne traduit pas toujours la vérité, ou la bonne qualité des êtres et des choses. 142 Lorsque la tête du serpent est coupée, le reste n’est qu’une corde. La tête est la force de toute vie, le reste est insignifiant, sans danger. 143 Une chose agréable au lézard n’est pas défendue au margouillat. Ce qui plaît aux grands plaît aussi aux petits, malgré les différences de situation. 144 Si longue que soit la queue du singe, si on la pince, il le sent. Tout ce qui concerne nos parents, nos amis, nos intérêts, nous touche également. 145 Une poule ne peut refuser d’aller au marché. La faiblesse est absolument dépendante de la force 146 C’est le taureau qui mérite la barbe, mais c’est la bouc qui la porte. A l’encontre de nos désirs, Dieu agit comme il veut. 147 Quand Dieu abandonne le chien, il lui fait une plaie au-dessus du crâne. Lorsque le bon destin nous fuit, il nous crée des difficultés imprévisibles, insurmontables. 148 Le caïman est dans l’eau, seulement il ne sait pas manger du poisson De bonnes occasions peuvent nous être offertes sans que nous sachions en profiter. 149 L’œil du songe est petit, mais nul ne peut le toucher du doigt. Les plus petits d’entre nous sont souvent mieux protégés que les grands. 150 C’est le vieux singe qui sait le mieux décortiquer la vieille arachide. Les vieux seuls peuvent débrouiller certains problèmes de la vie. 151 Il y a longtemps que j’ai ramassé les œufs de la pintade que tu as vue. Se dit à quelqu’un pour lui faire connaître que l’on n’est pas dupe de ses machinations, bonnes ou mauvaises. 152 Depuis que je connais le caractère, le comportement de mon bœuf, il ne m’a plus terrassé. Il suffit de connaître quelqu’un sous ces deux formes, pour vivre d’accord avec lui. 153 C’et la patience qui fait pousser des plumes à l’œuf de poule qui est lisse. Qui a de la patience est sûr d’arriver à son but. 154 On ne doit pas uriner pour qu’il en sorte un caïman qui nous dévore. Nous ne devons point être victimes de nos propres actes (les bons naturellement). 155 L’oiseau n’a pas de chemin à suivre. L’homme trop libre fait ce qu’il veut sans se soucier de rien 156 Le crapaud et ses boyaux sont pour le calao. Quand nous appartenons à quelqu’un, c’est absolument, corps et biens. 157 Qui ne connaît pas le lion l’attrape par la queue. L’homme fort ou dangereux ne doit être abordé que par ses points faibles et sensibles. 158 Le crapaud est sans queue, mais Dieu l’évente. Dieu satisfait ses créatures dépourvues des moyens pour se suffire. 159 A trop lancer le crapaud, par horreur, il va tomber dans le fraîcheur. En voulant éloigner de nous ceux que nous n’aimons pas, ils rencontrent quelquefois le bonheur. 160 La queue de la chèvre n’a pu couvrir son derrière, à plus forte raison celui de sa compagne. Il ne faut point compter sur quiconque est, comme nous, sans pouvoir ou sans moyens. 161 Ton fils serait-il serpent que tu ceindrais avec. Quel que soit le misérable état d’un fils, il n’est jamais abandonné de ses parents. 162 On ne doit pas être éléphant pour redevenir un lièvre ensuite. C’est une humiliation amère que de subir la défaite et l’humiliation après avoir connu les honneurs. 163 La poule qui n’entend « kouss » (va-t-en) entendra le coup de bâton (piro) Lorsqu’on ne peut obtenir une chose par la douceur, on emploie la force naturellement, avec raison. 164 La viande de chien n’est bonne que si elle est chaude. Qui veut faire du bien ou du mal doit vite agir, pour éviter l’effet de la réflexion. 165 La blancheur convient au mouton plus qu’à la chèvre. Ce qui est permis à l’un de nous ne peut l’être à l’autre, car nous sommes égaux ni en droits, ni en devoirs. 166 Le chien jeune est rapide, mais il ne sait pas chasser le gibier. L’inexpérience est cause des insuccès, des fautes constantes de la jeunesse. 167 Le lièvre au beau être ton ennemi, tu lui diras qu’il court bien. Nos ennemis sont confondus malgré aux par nos qualités, nos talents. 168 Tant que dure le feu, une sauterelle ne doit pas plaindre le sort de sa semblable grillée. Si un malheur plane sur nous tous, ne nous félicitons pas de notre chance momentanée. 169 On en doit pas tirer une balle destinée à un éléphant pour tuer un lièvre. N’employons notre force, notre pouvoir, qu’à l’égard de ceux qui en valent la peine. 170 L’épervier ‘enlève jamais le coq qui doit chanter (vivre). Quel que soit le danger, nous échappons toujours à ce qui n’est pas dans notre destin. 171 La pintade regarde la nuque de sa devancière. L’exemple que nous donnons est souvent imité par ceux qui nous suivent, ou qui nous font confiance. 172 On ne laisse pas le poisson en main pour celui qui n’est que sous les pieds. La chose possédée vaut mieux que celle qu’on espère seulement. 173 Lorsque la queue du margouillat n’est pas coupée, il ne voit pas le trou (qui l’abrite). Certaines gens ne prennent pas conscience de ce qui est, ou n’agissent bien que par contrainte ou par peur. 174 Quand l’hyène veut manger son petit, elle lui dit qu’il a des oreilles de chèvre. Quand on a tort, qu’on veut faire du mal à quelqu’un, on l’accuse injustement de quelque défaut ou méfait. 175 Le petit oiseau ne boit que de l’eau qui ne gêne pas son vol. Nous ne devons nous créer que des charges mesurées à nos moyens. 176 L’âne dit qu’il ne veut pas du paradis si les enfants y sont. Personne ne désire un bien au prix de mauvais traitements ou de souffrances. 177 Deux ânes se querellent à tort pour un moût de dolo que n’a préparé la mère, ni de l’un , ni de l’autre. Se dit de deux individus qui se veulent du mal à mort, pour une chose qui n’appartient à aucun d’eux. 178 Tout le monde sait qu’à l’abreuvoir, les bœufs ne boivent pas avec leur queue. Tous les hommes dans la lutte pour la vie, savent discerner leurs intérêts. 179 L’oiseau destiné à mourir n’entend pas d’avertissement. Qui doit périr reste indifférent à tout signe de salut (avertissement et conseils). 180 Si tu entends par le menu poisson que le caïman a mal aux yeux, c’est que c’est exact. Une chose dite par nos familiers immédiats est crue vraie par nos semblables. 181 Dieu a créé le singe en le privant de voir la nuit (à cause de ses dégâts). Malgré nos jugements, nos raisonnements, il reste vrai que Dieu n’agit que pour le bien en toute chose. 🟩 SUR LES PLANTES 182 Quand le grand baobab est tombé, les cabris montent et gambadent sur son tronc. Les hommes notoires, une fois disparus, laissent une prospérité souvent négligée ou oubliée, livrée à tout venant. 183 On ne doit pas trouver notre cadavre sous l’arbre dont nous ne mangeons pas les fruits. Notre comportement, nos actes doivent être conformes à notre situation. 184 On, peut trouver insignifiant un petit arbuste qui est pourtant à même de fournir assez de fibres pour nous attacher. Les plus petits d’entre nous sont aussi, souvent, les plus dangereux. 185 La grosse pastèque n’est jamais amère. Les gens de bonne éducation sont, bien souvent, accommodants et généreux. 186 D’un arbre on ne peut atteindre un autre arbre, mais on peut parvenir d’homme à un autre homme. Dans la société, les recommandations nous font de nouvelles connaissances, de nouveaux amis. 187 La brousse est toutes arbres, mais chaque essence a son propre parfum. Nous sommes différents les uns des autres, physiquement, par le caractère et par les actes. 188 Si tu vois la tige de mil tombée, relève-la, mais si tu vois l’être humain tombé, laisse-le. Le mil nourrit, tandis que l’homme, qui est de nature ingrate ne mérite pas le plus souvent de pitié. 189 Un arbre géant n’est jamais touffu sans raison. Tout effet, bon ou mauvais, a une cause (connue ou ignorée). 190 Si grand que soit l’arbre, c’est la petite hache qui l’abat. C’est un élément fort, si petit soit-il, qui triomphe de ce qui est grand. 191 L’eau finit sous le « dioun » (arbre aquatique). Tout élément retourne à son origine ou à son lieu de prédilection. 192 La dette se contracte sous le dattier, mais elle se paye sous le piment. Nous contractons une dette avec des bonnes paroles, mais elle ne se règle souvent que dans les difficultés qui divisent les intéressés. 193 L’écorce du caïlcédrat est amère, mais elle guérit. Les dures vérités déplaisent naturellement, amis elles assurent le salut. 194 La feuille de l’arbre ne pourrit pas le jour où elle tombe dans l’eau. Le résultat d’une action, bonne ou mauvaise, la vengeance, ne se font sentir que plus tard, et non sur-le-champ. 195 Le coton n’est jamais mauvais que pour sa tige, à laquelle il s’accroche obstinément. L’homme ingrat ne s’attaque qu’à son bienfaiteur. 196 Toutes les fleurs de l’arbre ne fructifient pas. Tous les hommes ne peuvent être bons, tous les enfants nés ne peuvent vivre, ou réussir dans la vie, tout bon travail n’aboutit toujours à un résultat satisfaisant. 🟩 SUR LES CHOSES 197 La cuisine est plus vieille que la mosquée. C’est lorsqu’on est rassasié qu’on peut travailler, ou adorer Dieu à plein. 198 Même dans le lait frais, on trouve des poils. Rien ici-bas n’est parfaitement pur ou sans défaut. 199 Le bois pourri du puits ne d’effondre que sur lui-même. L’individu malintentionné subit les conséquences de ses actes. 200 Toutes places propres ne sont pas des lieux de prière. Souvent les choses enviées ont plus d’inconvénients que l’on ne croit. 201 Si longtemps que le tronc d’arbre reste dans l’eau, il ne devient jamais un caïman. On a beau imiter un modèle, on ne devient point semblable à l’original. 202 Chaque fétiche a ses conjurations à lui. Chacun de nous n’est prenable que par son caractère et ses sentiments. 203 Il vaut mieux que le petit vase soit renversé plutôt que le grand. La disparition d’un membre de la communauté est préférable à celle du chef qui, souvent, est irréparable. 204 La fortune est comme le poil du nez. Quand on l’arrache, on pleure.. Nous ne pouvons faire du bien sans y laisser un peu de notre cœur (regret peutêtre ?). 205 Un ancien foyer ne réchauffe pas, si l’on n’en allume un nouveau soimême. On ne doit point compter sur le travail d’autrui ou s’(en vanter. Il faut en produire soimême. 206 Le monde est une gousse d’oignon (dont le graine est invisible : graine égale vérité). Dans le monde il est rare de rencontrer la justice et la vérité. 207 Tout engendre un enfant, seule la parole engendre sa mère. Par la parole on apprend, on s’instruit des plus graves, des plus secrètes choses. 208 Si l’esprit se vendait, il n’aurait pas d’acheteur. En effet, chacun de nous croit avoir assez d’esprit piour se passer de celui d’autrui. 209 Peu importe la façon dont une tête est cassée, il suffit que le sang coule. Les moyens conduisant à un résultat sont divers, l’essentiel est que le but soit atteint. 210 Le bonheur ou le malheur n’ont pas de patrie, ils sont là ou Dieu le veut. Nous sommes d’avance fatalement marqués du destin, heureux ou malheureux. 211 Quand le pantalon se lève, qu’attend son fond ? Nous sommes toujours à la merci de qui nous dépendons. 212 L’épine sort par où elle a percé. Toute chose s’explique ou se règle en remontant à sa source. 213 C’est le fer qui coupe le fer. Nous ne vainquons une force que par une force plus puissante. 214 La puits a tari sur sa bonne eau. C’est lorsque certaines personnes sont nécessaires au monde qu’elles disparaissent, bien regrettés de tous sur le pan social. 215 Le ventre n’est pas une malle qu’on ouvre à volonté. On en peut connaître les pensées, les intentions de quiconque s’il ne le veut, ou ne les dit pas. 216 La bouche n’épargne pas le héros. La permanente renommée précipite la fin anticipée de l’audacieux. 217 La patrie se loue ou s’engage, mais elle ne se vend pas. Nous pouvons, par force majeure, partir de chez nous avec regret, mais toujours avec l’intention et l’espoir d’y revenir. 218 Les coutumes instaurées par l’abondance sont aboies par la pauvreté. L’homme s’adapte à tous les événements du jour, bons ou mauvais. 219 Les dents et la langue sont proches, mais elles se querellent. On ne peut cohabiter sans, parfois, des malentendus et des discussions inévitables. 220 Quand le moment de porter l’or est écoulé, il est adjugé à un prix inférieur au cuivre. On doit faire toute choses à temps ; c’est le seul moment qui vaut, qui compte. 221 L’eau versée ne peut plus se ramasser. Ce qui s’est produit ne peut plus être défait quoi qu’on fasse 222 Ce qu’un esprit cache, c’est un autre esprit qui le découvre. Toutes les intelligences humaines trouvent toujours leurs pareilles en tout. 223 L’eau simple ne s’aigrit pas. Tout effet a une cause (connue ou ignorée). 224 Une main peut rester longtemps dans une main, mais elle n’y vieillit pas. Toute domination n’est que provisoire, la délivrance arrive à la longue. 225 Le monde est un pot à eau, quand on a bu, on le passe à autrui pour qu’il boive aussi. Le monde n’appartient définitivement à personne, on s’y remplace à tour de rôle, suivant la volonté de Dieu. 226 Les querelles de famille fument, mais elles ne s’allument pas. Quoi qu’il advienne, dans une famille, on ne peut se haïr totalement. 227 C’est la corde qui a séparé le veau de sa mère (au figuré diourou = dette). Les dettes impayées créent des malentendus qui divisent les intéressés. 228 Le monde est de la bouse de vache fraîche, le dessus sec, n’est pas semblable à l’intérieur resté frais. Bien souvent, en ce monde, les apparences sont trompeuses ; 229 La douceur de la nuit se sent d’avance dès le soir. Certains signes présagent le bon ou le mauvais d’une chose, le succès ou l’échec d’une entreprise. 230 Le service enfante et cependant sans grossesse. Les décisions du service se prennent à l’insu de l’intéressé. 231 Quand le mensonge passe la journée à courir, la vérité le rejoint en un instant. La force du mensonge est vite détruite par celle de la vérité. 232 L’épine ne pourrit pas le jour où elle perce. Le résultat, quel qu’il soit, d’une action, ne se révèle que tard, mais non sur-lechamp. Il en est de même avec la vengeance à venir. 233 Si le jour pointait à minuit, on verrait l’âne sous la moustiquaire. La nuit est faite pour masquer les laideurs et les vices de l’homme. 234 Les deux mains qui se lavent, à cette seule condition peuvent être propres. L’entraide est une loi de la nature, en société c’est une condition du succès. 235 L’humeur n’est pas un « moud » à mesurer le grain, mais quand elle baisse, on le sent. Quand nous changeons d’humeur envers le prochain, il ne s’y trompe point. 236 L’œuf de poule et la pierre ne sont pas des compagnons de promenade. Nous ne devons fréquenter que les gens de notre condition, on risque d’être brisé par plus fort que soi. 237 Quand on joue de la trompette, on met la flûte dans la poche. Là où figurent des personnages importants, ou des problèmes complexes, les moindres soucis sont relégués au second plan. 238 Suivre un chemin tortueux vaut mieux qu’avoir une côte tordue. Une difficulté à surmonter est préférablr à un échec total. 239 On ne peut connaître la douceur d’une chose qui ne finit pas. Nous ne pouvons nous rendre compte du prix d’une chose dont nous jouissons constamment et toujours, elle n’est appréciée et regrettée que quand elle est perdue. 240 On doit laisser du reste sur tout ce qu’on peut. Pouvoir est une chose dont on ne doit pas abuser. Il convient de se modérer en toute chose, en toute circonstance. 241 Quand le tonnerre gronde, chacun pose sa main sur sa tête. Quand la force menace, chacun de nous s’inquiète sur son sort. 242 Je ne suis ni grand, ni gros, mais je ne saurais être contenu dans la poche d’autrui. C’est se respecter et se faire respecter, ne pas tomber dans les pièges de la corruption. 243 La vieillesse n’octroie le repos que lorsqu’elle a un soutien. Si vieux qu’on soit, on ne peut se reposer lorsqu’on manque de soutien personnel ou collectif, qu’on est dépourvu de ressources. 244 Si je ne peux être grand boubou, je ne saurais être, non plus, une poche. Quand on ne me respecte pas, je n’accepterai pas non plus d’être diminué ou humilié. 245 La satiété en toue chose est mauvaise. Dans le manger, la boisson, les plaisirs, la conduite, il faut savoir se borner au risque d’en être victime. 246 Dieu est indifférent au mal que nous commettons. Chacun est responsable de ses propres actes, et il est seul à en récolter les conséquences immanquables. 247 L’esclavage n’est pas un arbre spécial dans la brousse. Personne ne naît esclave et c’est par le fait des guerres ou des transactions qu’on le devient/ 248 Sans être à l’abreuvoir, chacun sait que les animaux ne boivent pas avec leur queue. Dans la vie, en toute circonstance, chacun agit suivant ses intérêts, il en est ainsi dans les sociétés, les gouvernements. 249 Le châtiment de bien de nos péchés n’attend pas l’autre monde. Tout acte bon ou mauvais se paie dès ici-bas sur nous ou sur notre descendance. 250 Si tu fais de ton fils un patron, tu lui demanderas pardon. L’enfant a besoin d’être éduqué dès le jeune âge. Ne pas céder à ses caprices, à ses volontés : « qui aime bien châtie bien ». 251 Qui est sans défaut ne saurait vivre. En société, dans la famille, les relations diverses, soyons indulgents, car nul n’est parfait. 252 Si la peau européenne était à vendre, beaucoup l’aurait achetée. En général nous aimons singer l’Européen dans tous ses comportements : manières de parler, de s ‘habiller, de se nourrir, de se loger, au détriment des nôtres peu considérées. 253 Tout crédit, bon ou mauvais, se paie infailliblement. « On récolte ce que l’on a semé ». Tôt ou tard le bien et le mal que nous faisons retombe sur nous et parfois même sur notre descendance. 254 Le règne d’un seul souverain ne peut finir l’éternité du temps. Si grande que soit une puissance, elle la cèdera à une autre plus puissante, tôt ou tard. L’éternité n’appartient qu’à Dieu seul dans toute sa gloire. 255 Que Dieu nous préserve de vivre deux fois, et diamétralement opposées. Nous pouvons vivre des jours très heureux et mal finir ensuite, ou dans la misère ou dans une inguérissable maladie qui attirent la pitié sur nous. 256 L’effronté jouit du monde, et qui est adultère s’y trouve bien. Le monde aime à être amusé et celui qui sait le faire acquiert l’estime, la popularité des masses, comme les pratiquants de l’adultère. 257 Ne soyons pas victimes de nos cinq doigts. « le gourmand creuse sa fosse avec ses dents ». La satiété dans le manger, la boisson est un mal dont nous pouvons être victimes. 258 Fuyons la douceur dans les larmes. Certaines choses semblent offertes uniquement accompagnées de joie, tels que l’argent, le pouvoir qui, cependant et souvent, ne s’acquièrent que dans des pénibles conditions. 259 Un rude choc ne peut être supporté que par une puissante poitrine. A toute force, il faut en opposer une autre plus puissante. 260 Avant de se vanter de sa chance, il faut en louer la cause. La chance n’est pas le fruit du hasard. Elle a toujours une cause connue ou ignorée qu’il ne faut pas négliger. 261 Quand on crie et qu’on ne voie personne, on sera là soi-même. Apprenons à ne compter que sur nous-mêmes en tout et pour tout. 262 Le preux de tous les jours n’a pas longue vie. Le courage sans la prudence ne va pas loin. On ne peut affronter le danger chaque fois et en échapper toujours. 263 On doit creuser le puits d’un certain jour en vue d’une soif lointaine. Nous devons être prévoyants pour parer à la pénurie des mauvais jours. 264 La jalousie la moindre, entre coépouses, à la couleur indigo foncé. La jalousie est mauvaise conseillère et le polygamie en est le foyer inévitable. Ce vice peut pousser l’individu jusqu’au crime. 265 Qui veut un ami sans défaut, reste sans ami. Nous devons supporter les gens avec leurs défauts qui ne peuvent nuire qu’à euxmêmes, et savoir que nul n’est parfait. 266 Les grands sont comme le feu, n’en soyons ni trop près, ni trop éloignés. La familiarité ne convient pas avec les grands ; quoique tout rapport avec eux soit profitable ; d’où la nécessité de ne pas les fuir non plus afin de pas être la proie des exactions. 267 Evitons d’être beignet, c’est-à-dire les deux faces grillées. Ne nous engageons point dans toute affaire, toute relation où nous avons tout à perdre et de toutes les façons. 268 La femme qui regrette son sexe ne serait capable de rien si elle était un homme. Le courage, la bravoure, la noblesse de cœur, le dévouement ne sont pas seulement le lot du sexe fort. Ces qualités peuvent être les attributs de tout âge, de tout sexe. 269 La jeunesse comme la vieillesse ne gâtent rien. Les qualités, les défauts ne connaissent pas d’âge mais chacun est libre et responsable du choix qu’il fait pour sa propre conduite. 270 Qui a créé hier, a aussi créé aujourd’hui, il créera également demain. Le passé, le présent, l’avenir appartiennent à Dieu seul, ne nous vantons, ne nous plaignons donc pas de notre situation présente qui peut varier du jour au lendemain et dans le sens contraire. 271 Le don de Dieu à l’ingrat, c’est l’enfer. L’ingratitude est le pire des défauts, car il est amer de constater que d’un bienfait soient découlés des regrets. 272 L’enfant béni peut avoir des difficultés momentanées, mais nul ne verra jamais sa honte. Les bénédictions sont des fétiches, des remparts qui nous protègent, nous procurent la chance dans nos embarras de la vie. 273 Nos premiers et légitimes captifs sont notre épouse et nos enfants. La femme, par les liens du mariage, doit se dévouer corps et âme à l’entretien du foyer. Les enfants issus de cette union sont la propriété des parents. 274 Le monde est un caméléon, il est changeant Les évènements, bons ou mauvais, s’alternent chaque jour, chaque année, avec la fuite du temps. Qui est dernier aujourd’hui peut être premier demain ; 275 Si lointain que soit un jour, il arrivera infailliblement. Ne soyons pas négligents, dès aujourd’hui préparons demain, l’avenir, sans calcul du temps qui est devant nous. 276 La peur n’empêche pas la mort En face du danger, soyons courageux, car nous sommes sous le coup du destin, même quand il faut mourir. 277 La pauvreté n’est pas mauvaise, mais la mort, les peines morales le sont. Avec la santé, tout est réparable par le travail, tandis que la mort, les peines morales sont sans remède. 278 Le monde n’a de limites que dans la patience. Cette qualité nous fait out supporter. Elle nous maîtrise dans nos actes répréhensibles et nous conduit au salut. 279 Le monde est aussi bien devant que derrière. La passé, le présent, l’avenir sont les faces de la vie. Ceux qui ont bien ou mal vécu, les contemporains, et nous tous qui attendons l’avenir en sont en même temps joueurs et spectateurs. 280 La mort n’est pas composée, elle est une. Face au danger, sachons comprendre que di dure que soit la mort, on ne la subit qu’une fois, d’où l’honneur qu’on a à l’affronter dignement. 281 Les jours, les nuits naissent de la même façon, mais ils ne se ressemblent pas. Chaque jour de la vie apporte à chacun de nous ses joies et ses peines de sorte que celles-ci sont partagées. 282 La fortune, le savoir, le pouvoir n’ont pas la patrie. Quand Dieu les donne, c’est sans distinction, où et comme il veut. 283 Il n’y a point de cité derrière l’au-delà. Devant la mort, soyons courageux car il n’y a point d’autre vie à espérer derrière celle-là. 284 Le présent a pour mère le passé et pour père l’avenir. Le présent est le résultat de nos efforts passés et l’avenir est d’avance préparé par le présent. 285 L’esprit éclaire, seule la bonté attache. L’esprit nous sert de guide dans la vie, mais c’est par la bonté seule que nous nous attachons les cœurs. 286 Le destin est plus vieux que son sujet. « La destinée est fatale » malgré nous. Donc il ne sert à rien de ne pas l’accepter. 287 Tout ce qui tient debout est appelé à se coucher. Tous les êtres : humains, animaux, végétaux finissent par le lit de la mort. 288 Une longue vie est tissée de tous les possibles. Tant que nous vivons, nous sommes débiteurs de tout ; le bon et le pire peuvent s’alterner au fil des jours suivant le cours du destin. 🟥Fin

Ville
Bamako
Quantité
1
Position
12.6637, -7.9502
Vidéo
🎬 disponible
← Retour aux résultats